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La Gardiolle

 

 

 

 

Une visite à La Gardiolle

(Mise à jour de textes tirés d'archives de La Gardiolle, auteur inconnu)

Bien souvent, les nombreux touristes qui montent vers l'Aigoual et rivalisent de vitesse sur la turbulente Départementale 999 ne se doutent pas qu'entre Sauve et Saint Hippolyte du Fort, ils traversent une minuscule commune. Assez vaste en étendue, mais toute petite par le nombre d'habitants, puisqu'ils ne dépassent pas la centaine, CONQUEYRAC est une commune sans histoires, au pluriel... car elle en a bien une au singulier mêlée à celle de toutes nos Cévennes... et aussi commune « sans village »
Au bord de la Départementale, juste au croisement des routes de Durfort et Pompignan, la Mairie, fière et solitaire toute de blanc ravalée sous son chapeau de tuiles brunies par le soleil. On la connaît davantage sous le nom de « la Baraque ».
Sur la droite, perdue dans les champs, la veille église romane, soudée à son petit cimetière, où reposent, à peine séparés par un mur bas, les ancêtres catholiques et protestantes, à l'ombre d'un bouquet de cyprès.
Et sur la gauche, en face, à quelques cinq cents mètres de la rente, un clocher byzantin se détache sur le fond de montagnettes étagées vers Pompignan. Il s'élance vers le ciel bleu, portant à trente trois mètres une majestueuse Vierge d'Assomption, aux bras étendus, qui semb1e bénir et protéger, discrètement, cette plaine de vignobles, de prairies, de champs, de garrigues et de chênes verts, C'est « LA GARDIOLLE ».
Ceux qui s'y aventurent soit par le chemin pierreux soit par la route toute goudronnée, découvrent là une sorte de petite oasis où des tapis d'herbe ombragés favorisant la méditation et quelques fois une petite sieste! Une allée de grenadiers conduit jusqu'au sanctuaire. Et autour de cette chapelle dégagée, trois grands corps de bâtiments donnent à l'ensemble une allure de petit vinage. Et, bien sûr, si c'est en été, le concert des cigales, que les touristes appellent : « la fanfare de Conqueyrac », accompagnera votre visite.
La Gardiolle, aux temps reculés de l'histoire, elle s'appelait le « Mas du loup ». C'est dire que c'était probablement un coin particulièrement sauvage, où il valait mieux ne pas s'égarer. Il en était ainsi encore au temps des guerres de religions et de la Révolution. Son nom actuel lui vient de la famille qui en fut finalement propriétaire, la famille « de La cour de Lagardiolle », bien connue dans toute la région viganaise.
Et maintenant c'est un domaine où vit une Communauté Religieuse. Non pas des Moines comme à Frigolet ou Notre Dame des Neiges, mais une communauté toute simple, composée de quelques prêtres et frères, tous membres d'une congrégation missionnaire, fondée en 1710 par Louis-Marie Grignion de Montfort, un solide prêtre breton des environs de Rennes. Disons tout de suite, pour rassurer, que ce Grignion de Montfort n'a aucune parenté ni affinité avec le trop célèbre Simon de Montfort !
Les deux congrégations, des Montfortains et des Religieuses de la sagesse, fondées dans l'ouest de la France, sont devenues peu à peu internationales. Actuellement, les Montfortains et les sœurs de la Sagesse travaillent à l'évangélisation et aux œuvres sociales ou charitables dans de nombreux pays, soit d'Europe, soit d'Amérique du Nord et du Sud, comme la Colombie, Haïti, le Brésil, l'argentine, soit d'Afrique comme le Malawi, le Congo, Madagascar, soit d'Océanie, comme Bornéo et l'Indonésie.
En 1893, Mademoiselle de Cabiron, dernière descendante de la famille de La Gardiolle, voulut fonder en son ancien domaine du « Mas du Loup » un orphelinat agricole.
Et ce domaine s'appela désormais « Notre-Dame de la Gardiolle ». Elle confie l'œuvre naissante à la famille Montfortaine, et cet orphelinat fut prospère une bonne quarantaine d'années. Quelques anciens, aujourd'hui peu nombreux et à la chevelure argentée, aiment encore venir à la Gardiolle en une sorte de pèlerinage du souvenir. C'est qu'ils avaient passé là une jeunesse heureuse et reçu une formation humaine qu'ils appréciaient, sous la direction des Sœurs de la Sagesse et avec les Frères qui, progressivement, mettaient en valeur un domaine de vignobles et de cultures courageusement conquis sur la garrigue.
Cependant l'œuvre vivait dans la pauvreté. Les subsides des Pouvoirs Publiques n'étaient pas encore inventés ! Pauvreté n'est pas vice, certes, mais ce fut pourtant la cause de difficultés pour les religieuses, qui en 1932 trouvèrent la charge trop lourde. L'orphelinat fut alors fermé, à contre cœur, puis remplacé par une œuvre de formation de religieux Montfortains. Sur ce vaste domaine de 220 hectares, leurs aînés les initiaient aux différents travaux de cultures, de mécanique, de menuiserie, tout en leur donnant une solide formation humaine, religieuse, culturelle, pour qu'ils aillent servir ensuite, de la manière la plus évangélique possible, Dieu et leurs frères les hommes, sous d'autres cieux, proches ou lointains.

Et aujourd'hui ?

Notre Dame de la Gardiolle s'applique à continuer, et même à développer ce qu'elle croit être sa vocation humaine, sociale, et religieuse. Elle veut être un lieu de prière, de travail, d'épanouissement : cela va si bien ensemble, pour qui essaie de pénétrer et de vivre le message de Jésus-Christ.
Durant l'été, elle s'anime encore davantage, elle devient comme une sorte de « village de Vacances », dans la plus grande simplicité.
Notre maison essaie d'ouvrir toutes grandes ses portes au monde qui nous entoure. Elle le fait de différentes manières par l'accueil de groupes divers, de la région ou de plus loin, pour la détente ou le ressourcement. Chaque année, il en vient du Nord, de Bretagne, d'Anjou, de Vendée, de Paris, de la Moselle, de Lyon, sans compter les amis de plus en plus nombreux du Gard, de l'Hérault ou des Bouches-du-Rhône. II y a aussi un petit courant de fidélité, avec, plusieurs fois dans l'année, des rassemblements de toutes sortes. Nous participons à la vie de la région, avec tout ce qu'elle comporte, sur tous les plans.
Voici comment s'exprime un des Frères de la maison :
« Nous voulons toujours avancer un peu plus. Missionnaires, nous essayons de l'être, en vivant humblement l'Évangile, par notre travail, en partageant les soucis des gens qui nous entourent. Ce qui favorise les liens fraternels avec tous, sans distinction. Avec beaucoup de nos frères Protestants nous sommes en relation très suivies, humainement, et aussi religieusement pour certains. Sans aucun prosélytisme, dans le respect le plus total des personnes et des convictions, nous tâchons de donner humblement notre petit témoignage de vie fraternelle. En un mot, notre Maison se veut ouverte et accueillante. Les lieux s'y prêtent. Il est bien normal que nous en fassions profiter tant de gens, bousculés par la vie, qui ont besoin de se détendre er de se « refaire ». Cet accueil fraternel est une manière, toute petite et toute simple, mais nous l'espérons efficace, de répondre à notre vocation chrétienne. Oui, une visite à Notre Dame de la Gardiolle, n'est pas du temps perdu ! »
1993 est l'année de la constitution de l'association :
« ACCUEIL MONTFORTAIN LA GARDIOLLE », régie sous la loi du 1er juillet 1901.
Situé aux pieds des premiers contreforts des Cévennes, dans une nature exceptionnelle, le domaine de La Gardiolle, géré par une équipe laïque, vous accueille toute l'année...